« J’ai toujours été une grande déception pour mon père. Pour ma famille également. Peut-être même pour toute ma communauté..
En premier lieu, en raison de ma taille. Je suis petite. « Trop petite pour une elfe, mais pas pour gnome » disait ma sœur en plaisantant. Cela ne faisait bien sûr pas rire mon père. A force d’être considérée, de par mon physique, comme la « petite », j’ai probablement laissé libre court à de mauvaises habitudes et me suis comportée en enfant capricieuse et gâtée. Rapidement au cours de mon éducation, ni ma petite taille, ni un quelconque manque de maturité n’ont été des excuses suffisantes pour mon père. Et plus il montrait sa déception, plus je lui donnais de raisons de le faire. Jusqu’à choisir la pire des occupations pour quelqu’un de notre communauté, lorsque j’ai commencé à voler. »
Née et élevée dans une cité elfe, Daerdedween s’est toujours sentie en marge de cette société trop codifiée à son goût. Initiée avec sa grande sœur à tous les arts, de la littérature à l’escrime, la seule chose qu’elle démontrait de manière systématique était son manque de rigueur et d’engagement. Ce qui lui plaisait vraiment, c’était de faire des farces, de se moquer des gens et de profiter de la vie selon ses propres règles.
C’était au départ pour embêter son père qu’elle lui dérobait des objets, qu’elle cachait ensuite à d’autres endroits dans leur maison. Puis, elle le fit pour impressionner ses camarades, sur les marchés ou lors de réceptions. S’influençant mutuellement, ils se lançaient des défis de plus en plus risqués et finirent par se faire attraper.
Si cela eut pour effet de calmer les autres, il n’en fut pas de même pour Daerdedween. Le vol d’un artefact magique dans une cité voisine lui valu même d’attirer l’attention de Craven, un voleur semi-elfe de très mauvaise réputation, dont elle tomba amoureuse. Il profita de sa naïveté et de son besoin de reconnaissance en lui faisant réaliser différents méfaits. La petite taille et l’habileté naturelle de Daerdedween, combinées à l’entrainement poussé de Craven en firent rapidement une voleuse hors pair.
Un jour, lors d’un vol particulièrement audacieux dans une cité humaine, ils furent trahis et capturés. Craven réussit à s’échapper en abandonnant Daerdedween, sans regret. Cette dernière, selon les lois de la cité, fut condamnée après un rapide procès à avoir la main droite tranchée. Elle ne sut jamais comment il fut mis au courant, mais le jour de l’exécution de la sentence, son père était là. Il ne la sermonna ni ne lui adressa la parole avant qu’ils furent rentrés dans leur cité. Là, il convoqua un des plus habiles artisans de la région pour qu’il lui confectionne une prothèse et il lui laissa le temps de se remettre. Pendant tout ce temps, Daerdedween guetta le retour de Craven mais perdit rapidement espoir.
Sa joie de vivre semblait s’être éteinte en même temps que la lame avait tranché sa peau. Son cœur était lourd de la trahison qu’elle avait vécu et de la colère qu’elle amenait avec elle. Elle passa de longues heures à s’entraîner pour maîtriser sa nouvelle main, nourrissant un désir de vengeance de plus en plus fort. Elle se coupa de ses anciens amis, s’éloigna de sa soeur et de sa mère, ne supportant plus de voir la pitié dans leurs regards.
Et un jour, son père la fit venir dans son bureau. Elle s’attendait à des reproches, une punition peut-être, mais à la place, il lui remit une bourse bien remplie, une armure de cuir légère et une arbalète courte. Puis il lui demanda de prendre la route et de trouver un moyen de racheter ses erreurs. Ce qu’elle fit, sans même dire au revoir à sa mère et à sa sœur. Lorsqu’elle quitta la cité, les émotions se bousculait dans sa tête. Une nouvelle vie s’offrait à elle.
Apparitions
« Le Serment » – scenario D&D like – sur forum – 1999/2000
Campagne « Valcia » – jdr papier (en anglais) – 2015
Découvrir aussi
Le Bain
Le contact de l’eau sur mon corps était si plaisant après tout ce que je venais de vivre. Ce que nous venions de vivre, devrais-je dire? Pour une raison qui échappait complètement à ma compréhension, je commençais à intégrer, peut-être même à apprécier ce « nous ». Dire que quelques jours auparavant, nous étions de parfaits étrangers…